Guérir du Trauma Complexe :
Les étapes de la Thérapie
Souvent en thérapie, on peut se sentir un peu perdu·e :
on sait qu’on se fait accompagner pour aller mieux, mais au-delà de ça, tout reste assez flou. On vient, on parle, on paye… et ensuite, il se passe quoi ? Est-ce que ce que je fais sert vraiment à quelque chose ? Dans quelle direction tout ça va-t-il ?
Ce sont des questions auxquelles on n’a pas toujours de réponse claire, et on avance surtout en faisant confiance au ou à la thérapeute, en espérant que le processus fait sens.
Voici donc une feuille de route, qui détaille le processus étape par étape, en expliquant ce qu’on fait et pourquoi.
L’objectif est de vous permettre d’avoir une idée concrète du fonctionnement de cette thérapie, de comprendre pourquoi elle fonctionne, pourquoi elle prend du temps, et de pouvoir suivre plus clairement votre propre parcours : savoir où vous en êtes, et dans quelle direction vous avancez.
Voici de façon claire et concrète, le déroulé de la thérapie telle que je la propose, inspirée de la méthode TIST (Trauma-Informed Stabilization Treatment) du Dr Janina Fisher, spécialisée dans :
- le trauma complexe
- la dissociation
- les blessures d’attachement
Avec une approche intégrative corps + émotions + travail des parts, en thérapie en visio.
Les grandes étapes de la thérapie du trauma complexe
Je dis souvent que se sortir du trauma complexe c’est devoir réapprendre à nager quand on nous a appris la première fois en nous jetant dans l’eau froide et en nous hurlant dessus depuis le bord du bassin.
Alors oui, on a nagé, on n’avait pas le choix sinon on se noyait, mais du coup on n’y prend aucun plaisir, on le fait parce qu’on a pas le choix, et on souffre à chaque fois, et en plus on a peur de l’eau maintenant donc ça nous donne pas du tout envie de réapprendre bien dans de bonnes conditions.
Là on va réapprendre à nager mais cette fois on va aller à la mer, la ou la profondeur de l’eau augmente progressivement, on va se tenir la main, mettre juste l’orteil, le retirer, reculer face a une vague, revenir, mettre les pieds entiers dans l’eau, puis l’eau jusqu’au genoux, s’habituer à la température petit à petit, avant de faire un pas de plus, et puis a un moment on se rend compte qu’on nage depuis 1h et avec plaisir.
1. Développer des compétences de pleine conscience appliquée
👉 On parle de pleine conscience appliquée à la vie quotidienne.
L’objectif est simple :
Si je sais ce qui se passe en moi, alors je peux agir.
Concrètement, cela veut dire apprendre à repérer :
- quand vous êtes activé·e émotionnellement
- quand vous êtes submergé·e
- quand vous êtes dissocié·e
- quand une part de vous prend le dessus
Sans cette conscience :
- vous subissez
- vous restez coincé·e dans des réactions automatiques
- vous pensez que “c’est vous”, alors que c’est une part activée
2. Se différencier de ses parts (sortir de la fusion)
Ne plus se confondre avec ce que l’on ressent
Par exemple : “je suis angoissé·e” → “une part de moi ressent de l’angoisse”
Pourquoi c’est fondamental en thérapie des traumas ?
Parce que quand vous êtes fusionné·e avec une part :
- vous êtes envahi·e
- vous perdez votre capacité de recul
- vous êtes coupé·e du présent
Se différencier permet de :
- revenir dans votre part adulte
- observer au lieu de subir
- commencer à apaiser
3. Apprendre à connaître ses parts
Une fois que vous pouvez observer et vous différencier, vous allez créer une relation avec vos parts
C’est un point central en thérapie TIST.
Pourquoi ?
Parce que vos parts :
- se sont construites dans le passé
- ont permis votre survie
- ne savent pas toujours que vous êtes adulte aujourd’hui
Elles peuvent :
- ne pas vous faire confiance
- avoir peur du changement
- résister à la thérapie
Concrètement, créer du lien avec ses parts c’est :
- aller à leur rencontre
- apprendre à les connaître en s’intéressant à elles
- trouver de la compassion pour ces parts qu’on rejette en comprenant comment elles ont tenté de nous aider
- comprendre :
- leurs peurs
- leurs besoins
- leur rôle
- leur histoire
👉 On construit un lien d’attachement sécurisé à l’intérieur de soi
4. Accueillir, réconforter et prendre soin de ses parts
Une fois le lien amorcé, vous apprenez à accueillir ce que vos parts ressentent
Sans fuir. Sans rejeter. Avec compassion.
Pourquoi c’est indispensable ?
Parce qu’on ne peut pas apaiser ce qu’on n’écoute pas ni ce qu’on rejette.
Les émotions et ressentis corporels portent des messages de vos parts.
Les accueillir permet de :
- comprendre ce qui se passe
- valider l’expérience interne
- commencer à réconforter
5. Les expériences réparatrices
Une expérience réparatrice, c’est le fait de vivre dans le présent une situation différente de celle du passé, qui permet à une part de vous de faire une nouvelle expérience émotionnelle et corporelle.
Concrètement, cela signifie par exemple essayer de faire autrement que votre stratégie habituelle (ne plus éviter, poser une limite, rester présent·e à une émotion) et constater que, même si cela active de la peur au début, il ne se passe pas les conséquences catastrophiques anticipées.
👉 Progressivement, grâce à la répétition, le système nerveux et les parts internes intègrent que vous n’êtes plus dans le contexte du passé et que vous avez aujourd’hui des capacités d’adulte pour traverser ce qui se présente.
Ce qui se passe concrètement:
Au début, quand vous essayez de faire autrement :
- votre système nerveux s’active
- vous ressentez de la peur
- tout votre corps dit : “non, non, non, c’est dangereux”
Et pourtant… au fur et à m esure que nos parts nous font un peu plus confiance, un tout petit peu de souplesse va venir s’installer:
Avant :
❌ “c’est plus fort que moi, je ne peux pas”
Maintenant :
✅ “c’est très difficile… mais je peux me forcer un peu”
En gros, les parts passent d’un « NON. » catégorique et ferme à un “Je n’y crois pas du tout… mais vas-y, à tes risques et périls. »
Vous faites autrement, vos parts constatent que rien de catastrophique ne se passe, et progressivement, avec la répétition, les parts observent, constatent, et elles commencent à intégrer que :
- vous n’êtes plus dans le passé
- le contexte a changé
- vous n’êtes plus un petit enfant sans défense, vous êtes adulte et vous pouvez vous défendre, dire non, dire stop, etc.
Et c’est là que la réparation se fait !
Le travail avec le corps
(indispensable en trauma complexe)
Développer son intéroception
L’interoception, c’est la capacité à percevoir, reconnaître et comprendre ce qui se passe à l’intérieur du corps : sensations physiques, tensions, mouvements internes, variations d’intensité émotionnelle.
👉 Ce n’est pas seulement “se reconnecter au corps”, c’est apprendre à repercevoir finement les signaux internes, même quand ils sont subtils, confus ou difficiles à identifier.
Dans le trauma complexe et la dissociation, cette capacité est souvent diminuée ou fragmentée.
La thérapie consiste donc à la reconstruire progressivement, pour permettre de mieux identifier ce qui se passe en soi, de comprendre les états internes au moment où ils se déclenchent, et de pouvoir ajuster ses réponses plutôt que de les subir automatiquement.
Régulation du système nerveux
Les émotions sont très physiques, souvent intenses, parfois jusqu’à la douleur.
👉 Si c’est trop douloureux, vous allez naturellement chercher à les éviter.
Et c’est bien normal.
Développer sa capacité a se réguler de façon saine permet de :
- rendre les sensations supportables
- diminuer la douleur physique
- redonner un sentiment de contrôle
Plus vous avez confiance dans votre capacité à réguler
→ moins vous avez peur de ressentir
👉 Donc :
- moins d’évitement
- plus de présence
- plus de sécurité intérieure
On va construire ensemble votre boîte à outils personnalisée, parce que chaque système nerveux est unique et chaque personne a ses propres besoins
⚠️ Ce n’est pas une méthode miracle !
Il ne s’agit pas ici de vous promettre monts et merveilles, ni de vous vendre une méthode miracle ou de l’huile de serpent.
Évidemment, sur le papier présenté comme ça, le processus est très logique : on suit les étapes, et tout semble simple et fluide.
Dans la réalité, c’est beaucoup plus nuancé.
Les obstacles font partie du processus
En thérapie du trauma complexe, on rencontre toujours des obstacles.
- une part de combat peut se braquer, contester, ou remettre en question la thérapie
- certaines parts internes vont bloquer le processus (ce qu’on pourrait appeler des “résistances”)
- une part d’évitement peut dire que “ça ne sert à rien” ou que “ça ne marchera pas”
⚠️ L’évitement est au cœur du trauma complexe
Dans le trauma complexe, il y a toujours une part d’évitement.
Son rôle est de vous protéger d’être submergé·e émotionnellement.
Elle pense que “ça va être trop, tu ne supporteras pas”
Le problème de l’évitement, c’est que si à court terme, ça protège, à long terme, ça maintient la souffrance.
- les parts blessées continuent de souffrir seules
- elles ne sont ni entendues ni apaisées
- elles vont continuer à chercher à attirer votre attention, en intensifiant les émotions, les comportements, ou en passant par le corps (somatisation, problèmes de santé, maladies, etc.)
- en évitant, vous vous coupez des informations essentielles nécessaires pour comprendre… et guérir.
⏳ Pourquoi cela prend du temps
Ce processus prend du temps parce que le trauma complexe ne s’est pas construit en une seule fois.
Il s’est installé progressivement, sur toute la durée de vos années formatrices (c’est à dire votre enfance, votre adolescence, et parfois plus longtemps puisque le système nerveux autonome arrive à maturité à la trentaine) , dans des contextes d’insécurité, d’imprévisibilité ou de surcharge émotionnelle.
Le système nerveux et les parts internes ont appris des stratégies de survie très profondes et automatisées.
Il est donc logique que la transformation ne puisse pas se faire en une seule expérience ou en quelques prises de conscience.
La réparation passe par la répétition d’expériences nouvelles, suffisamment cohérentes et sécurisantes pour que le système nerveux puisse progressivement intégrer qu’un autre fonctionnement est possible aujourd’hui.
En résumé, la recette de la thérapie du trauma complexe c’est:
- Acquérir des compétences de Pleine Conscience appliquée
- Apprendre à se différencier de ses parts
- Apprendre à connaître ses parts
- Apprendre à accueillir, réconforter et prendre soin de ses parts
- Leur permettre de vivre des expériences réparatrices
- Acquérir des compétences d’Intéroception
- Acquérir des compétences de Régulation du Système Nerveux Autonome
Thérapie du trauma complexe en visio
Je propose un accompagnement spécialisé en thérapie du trauma complexe, de la dissociation et des troubles de l’attachement, inspiré de la méthode TIST (Trauma-Informed Stabilization Treatment) du Dr Janina Fisher.
Cet accompagnement s’adresse notamment aux personnes concernées par :
- des schémas émotionnels qui semblent “automatiques” ou incontrôlables (colère, people pleasing, etc.)
- le trauma complexe (TSPT complexe / CPTSD)
- la dissociation et troubles dissociatifs
- les difficultés relationelles, d’attachement et la dépendance affective
